Partagez cet article !

Le varroa destructor, un acarien parasite, affecte significativement l’abeille domestique Apis mellifera. Pour contrer sa propagation, un traitement varroa est indispensable si on veut lutter efficacement. Encore faut-il bien l’appliquer !

En effet, si un traitement contre le varroa n’est pas bien réalisé, il peut avoir des conséquences néfastes sur la colonie d’abeilles et sur l’apiculteur.

Dans cet article, je vous partage 11 conseils pour réussir votre traitement varroa.

J’ai déniché ces conseils dans le guide « Varroa et Varroose » de la FNOSAD (Fédération Nationale des Organisations Sanitaires Apicoles Départementales)

1er conseil : choisir des traitements avec une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM)

Les médicaments contre varroa avec AMM sont spécialement conçus pour l’apiculture.

Cette évaluation assure un examen rigoureux d’efficacité, de protection des abeilles, du respect de la santé de l’apiculteur et de l’environnement.

Un traitement varroa avec AMM a été rigoureusement testé et validé.

Les traitements bénéficiant d’une AMM sont disponibles auprès d’entités certifiées telles que les GDSA, Groupement de Défense Sanitaire Apicole. Il y a, en 2024, 14 traitements varroas qui disposent de cette autorisation.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Mon avis sur Stop Varroa - Ne vous laissez pas enfumer !

2e conseil : ne pas appliquer de traitements lorsque les hausses sont installées

hausse ruche apiculture
Contrôle de la hausse

Il est impératif de ne jamais (je dis bien JAMAIS) appliquer de médicaments lorsque les hausses à miel sont présentes sur la ruche.

L’application de traitements dans ces conditions peut entraîner une contamination du miel avec des résidus de médicaments.

Ce conseil doit être respectée pour garantir la qualité du miel mais surtout, la santé des personnes qui vont le consommer.

Toutefois, il est tout à fait possible d’avoir recours à des techniques alternatives, appelées bio techniques, pour diminuer la pression du varroa sur les ruches. Et ce, pendant la présence d’une hausse sur votre ruche.

3e conseil : traiter toutes les ruches

Pour éviter la réinfestation, il est essentiel de traiter toutes les colonies d’un rucher en même temps.

Si certaines colonies ne sont pas traitées, elles peuvent devenir une source de réinfestation pour les autres. En effet, en apiculture, la dérive des abeilles entre des ruches proches et le pillage entre colonies sont courants. Ces comportements entraînent des déplacements et interactions entre différentes colonies, ce qui favorise la transmission du varroa d’une colonie à une autre.

traitement varroa
Coordonner vos actions lorsque vous faites vos traitements

Autant coordonner le traitement pour toutes vos ruches !

Si vous pouvez le faire, cela serait génial de pouvoir coordonner votre traitement varroa avec celui des apiculteurs voisins pour une efficacité maximale sur un large champ d’action !

4e conseil : éviter l’utilisation simultanée de plusieurs médicaments dans une seule colonie

cocktail médicaments varroa

L’utilisation simultanée de différents médicaments dans une colonie peut entraîner des interactions imprévisibles et potentiellement toxiques pour les abeilles.

C’est l’effet « cocktail chimique » qui est redouté si vous utilisez des lanières et juste après de l’acide oxalique. Il faut éviter de le faire.

Utiliser plutôt un seul type de médicament à la fois pour éviter tout risque de réaction indésirable.

5e conseil : suivre rigoureusement la dose prescrite pour le traitement varroa

Chaque médicament a une procédure à respecter. Cette procédure donne des indications de

  • durée (en jours ou en semaines)
  • posologie (taille de la ruche)
  • saison
  • la dose

Ces indications permettent de connaître les seuils à respecter. Et la dose à appliquer est un des éléments les plus importants.

6e conseil : respecter strictement la durée recommandée pour le traitement

Outre le dosage, la durée du traitement est un autre élément important.

Là aussi, les notices des médicaments doit donne des instructions.

Je vous recommande de marquer vos dates de traitement dans votre agenda

Un traitement trop court peut être inefficace, tandis qu’un traitement prolongé peut augmenter les résidus dans le miel et la cire, et favoriser la résistance des varroas.

Les lanières doivent être placées entières à l’intérieur du couvain.
Il faut les repositionner dans le couvain quatre à cinq semaines après le début du traitement.
La durée du traitement avec l’Apivar est de 10 à 12 semaines

IL FAUT IMPÉRATIVEMENT RETIRER LES LANIÈRES AVANT L’HIVER.

Extrait du site du GDSA74 (Groupement de Défense Sanitaire Apicole)

7e conseil : respecter attentivement les instructions spécifiques de chaque médicament

Chaque médicament a ses propres précautions d’emploi. Ces précautions sont des conditions de température, de fréquence d’application, de force des colonies, ainsi que des mesures de protection pour l’apiculteur.

Il est primordial de les respecter pour assurer l’efficacité et la sécurité du traitement. C’était un des conseils que m’a partagé Daniela qui travaille pour Beevital, la société qui produit le Varromed.

8e conseil : AGIR avant que l’infestation de varroa n’atteigne un niveau critique

Un traitement précoce est essentiel pour contrôler efficacement le varroa.

En effet, si vous attendez trop ou si vous n’estimez pas le niveau d’infestation grâce à un comptage du varroa il se peut que le niveau d’infestation soit élevé.

Et dès lors que vous vous apercevez que le niveau de varroa est élevé, il est trop tard ! Le sauvetage de la colonie est difficile, voire impossible, même si vous appliquez un traitement varroa.

9e conseil : contrôler l’efficacité du traitement réalisé durant l’été

Le traitement d’été est le plus important de l’année.

Pourquoi ? Parce qu’il réduit la population de varroa avant que les abeilles d’hiver naissent. C’est une des périodes les plus critiques où la colonie doit être forte pour survivre dans les mois de froid.

comptage traitement varroa
Comptage varroa après traitement

Il est déterminant pour l’apiculteur de contrôler l’efficacité du traitement qu’il a appliqué après la récolte de miel. Ce contrôle permettra de savoir si vous avez besoin de faire un traitement complémentaire en hiver.

Et j’ai écrit un article spécifiquement sur comment faire un comptage varroa, les 3 méthodes les plus simples

Une persistance élevée de varroas après le traitement d’été peut indiquer une infestation initiale importante, une résistance aux médicaments, ou d’autres problèmes.

10e conseil : alterner régulièrement les substances actives dans les traitements

Les 14 médicaments existant contre le varroa utilisent différents principes actifs pour tuer le varroa.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Qu'est-ce que la varroose et quelles sont les conséquences pour l'abeille ?
traitement varroa
Voici la quasi totalité des traitements varroa

Un principe actif est une substance chimique qui compose un médicament et qui est responsable de ses propriétés thérapeutiques ou de ses effets préventifs

Voici la liste des principes actifs qui sont utilisés dans les traitements varroas

  • amitraze
  • apitraz
  • tau fluvalinate
  • fluméthrine
  • thymol
  • acide oxalique
  • acide formique

Le conseil de la Fédération Nationale des Organisations Sanitaires Apicoles Départementales (FNOSAD) est de faire une rotation des principes actifs dans les traitements.

Cela peut aider à prévenir la résistance des varroas aux traitements

Concrètement : alterner tous les ans ou tous les deux ans vos médicaments contre le varroa afin d’éviter qu’il ne s’habitue à un principe actif.

11e conseil : sélectionner des traitements compatibles avec votre approche apicole

Certains traitements varroa sont compatibles apiculture bio, d’autres non.

Vous pouvez donc sélectionner des médicaments qui sont comptatibles avec votre pratique, qu’elle soit biologique ou conventionnelle.

En conclusion, réussir son traitement contre le varroa est essentiel pour la survie de vos colonies d’abeilles. Les 11 conseils partagés dans cet article, tirés du guide « Varroa et Varroose » de la FNOSAD, permettent d’identifier ce qui peut aider à bien traiter ses ruches.

En respectant les prescriptions, en choisissant les bons médicaments, et en agissant de manière préventive, vous pouvez protéger vos ruches contre varroa.


Partagez cet article !