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Dans ce 34ième épisode, j’ai le plaisir d’interviewer Florentine Giraud.

Florentine est vétérinaire spécialisée en apiculture et également apicultrice. Elle travaille pour la FNOSAD, Fédération Nationale des Organisations Sanitaires Apicoles Départementales. C’est une association experte de la santé de l’abeille et elle propose énormément de ressources pour les apiculteurs amateurs et professionnels pour les aider à mieux gérer la santé de l’abeille

En préambule

Les apiculteurs avec qui j’ai eu le plaisir de discuter ont parfois des objectifs et des pratiques apicoles très différents. Vous allez découvrir leur histoire, leur passion pour les abeilles et leurs techniques. 

Chaque apiculteur a ses petits secrets, ses petits trucs et nous avons la chance qu’ils nous les partagent ! 

Bonne écoute et bonne immersion dans leur passion

Toutes les autres interviews sont disponibles sur cette page

Retranscription de l’interview avec Florentine Giraud

Guillaume : Bonjour Florentine

Florentine : Bonjour Guillaume

Guillaume : Alors est-ce que vous pouvez commencer par vous présenter s’il vous plaît ?

Florentine : Je m’appelle Florentine Giraud, je suis vétérinaire spécialisée dans l’apiculture. Je ne travaille que pour l’apiculture et je suis aussi apicultrice de loisirs. Je réside en Haute-Savoie.

Guillaume : D’accord, est-ce que vous êtes devenue vétérinaire avant d’avoir été apicultrice ? Dans quel ordre cela s’est-il fait ?

Florentine : Non, moi j’ai commencé l’apiculture assez tard dans ma vie, c’était en 2010. J’étais vétérinaire avant, mais pas du tout pour les abeilles. J’ai recherché mes cours il y a quelques années et j’ai retrouvé quelques traces des cours que j’avais eus à l’école vétérinaire de Toulouse. Après avoir commencé l’apiculture, donc dans un rucher-école à proximité de chez moi, j’ai arrêté d’exercer dans le canin, car cela ne me convenait pas. Je cherchais un moyen de valoriser mes études et d’être beaucoup plus en rapport avec des thématiques comme la protection de l’environnement ou l’écologie d’une manière plus globale. C’est dans cet esprit que j’ai commencé l’apiculture. Pendant plusieurs années, j’ai cherché des voies professionnelles et j’ai fini par tomber sur une formation dispensée par l’école vétérinaire de Nantes. J’ai pu m’inscrire à la formation pour acquérir ce qu’on appelle le DIU (Diplôme Inter-Universitaire) de pathologie apicole.

Guillaume : D’accord, donc en tout cas, ce qui explique un peu pourquoi vous êtes passée vers l’apiculture, c’est plus en lien avec la protection de l’environnement. Et c’était quand que vous êtes allée étudier à Nantes ?

Florentine : J’ai fait la formation en 2012. À l’époque, il y avait une semaine à Paris, deux semaines à Nantes et une semaine de stage chez un apiculteur professionnel. Je l’ai fait chez un apiculteur de mon département.

Guillaume : Et donc, si je comprends bien, pour être vétérinaire spécialisé en apiculture, il faut déjà avoir comme base vétérinaire, c’est combien d’années d’études ?

Florentine : À mon époque, c’était cinq ans, c’est-à-dire qu’il y avait une année de prépa et on passait le concours à la fin de la première année. Ensuite, il y avait quatre ans d’études. Depuis, ça a un peu changé. Il doit y avoir deux années de prépa et ensuite, il me semble que c’est quatre années d’études. Moi, je suis sortie en 1989. La vocation apicole est venue beaucoup plus tardivement.

Guillaume : Et donc, après, c’est la formation vétérinaire, la spécialité apicole, vous m’avez dit que c’était à Nantes. C’est à partir de ce moment-là qu’on peut dire que vous êtes vétérinaire spécialiste apicole ?

Florentine : Oui, en fait, le terme même de spécialiste n’est pas tout à fait conforme à la nomenclature définie par l’ordre des vétérinaires. On doit simplement dire qu’on est titulaire du DIU apiculture et pathologie apicole. Mais dans le langage courant, on parle aussi de vétérinaire à compétence apicole ou apicole. Il y a plusieurs dénominations, mais le terme de spécialiste n’est pas le terme officiel par rapport à l’ordre des vétérinaires.

Guillaume : D’accord.

Florentine : Ce que je voulais dire, c’est que la formation qu’on suit à Nantes, moi, je n’avais pas beaucoup d’années d’apiculture derrière moi, mais j’avais quand même une bonne connaissance de l’apiculture. La formation qu’on reçoit, comme toute formation, ce sont des bases. Et après, c’est en exerçant et éventuellement en complétant sa formation qu’on peut vraiment dire qu’on acquiert une spécialité en apiculture.

Guillaume : C’est sûr. Et maintenant, votre employeur, c’est la FNOSAD ?

Florentine : Oui, en fait, moi, j’ai eu la chance, pendant ma formation à Nantes, de rencontrer celui qui était à l’époque le président de la FNOSAD, qui s’appelle Jean-Marie Barbon, lui-même apiculteur professionnel et vétérinaire de formation, et qui faisait partie des fondateurs de cette spécialisation, enfin de ce diplôme délivré par l’école de Nantes et l’école de Maisons-Alfort en commun. Donc, j’ai eu la chance de le rencontrer à ce moment-là, d’échanger avec lui, et je lui ai fait part de mes souhaits de travailler dans l’apiculture. Et en fait, la FNOSAD venait d’embaucher une vétérinaire qui avait fait la même formation que moi l’année d’avant, et elle s’est retrouvée en congé maternité assez peu de temps après que j’ai fini ma formation. Donc, j’ai été sollicitée par Jean-Marie Barbon pour la remplacer. Et après, quand elle est revenue, elle est restée encore quelques mois à la FNOSAD, et puis finalement, elle est repartie sur sa première vocation, qui était vétérinaire pour un zoo. Et donc, on m’a proposé le poste, et j’ai pu commencer à poursuivre ce que j’avais fait en remplacement. J’ai pu ensuite être embauchée à la FNOSAD à partir d’octobre 2013.

Guillaume : Octobre 2013, très bien. La Fédération Nationale des Organisations Sanitaires Apicoles Départementales.

Florentine : Apicoles, oui.

Guillaume : Qui a été créée en 1966 par deux vétérinaires, c’est ça ?

Florentine : Oui, c’est une fédération très ancienne, qui regroupait la majorité des organisations apicoles sanitaires départementales ou sanitaires départementales, et qui existe toujours, malgré les remaniements actuels et la réorganisation de la gouvernance sanitaire.

Guillaume : Je vois vraiment la FNOSAD comme étant le complément des syndicats apicoles qui fournissent une formation sur l’abeille, la technicité de l’apiculture et un peu de sanitaire. La FNOSAD, je la vois avec ses branches départementales comme étant la partie veille sur le sanitaire et aussi l’enseignement sur le sanitaire, avec l’enseignement des formateurs des syndicats et des ruchers-écoles sur la partie sanitaire. Pour moi, c’est ce complément. Tout ce qui est technique, c’est plutôt du côté des syndicats, avec un peu de sanitaire, mais c’est surtout la partie sanitaire qui est à la FNOSAD, notamment avec la revue « La Santé de l’Abeille ». C’est comme ça qu’on peut voir les choses, non ?

Florentine : Oui, oui, en fait, notre fédération et les organisations départementales sont vraiment focalisées sur le volet sanitaire, qui est très important dans tout élevage. Notre objectif, c’est d’améliorer et de maintenir l’état sanitaire des abeilles. On revendique cette spécialité dans le domaine technique sanitaire, à la fois pour apporter des conseils aux apiculteurs, mais aussi dans la formation. On est surtout très actif dans la formation des techniciens sanitaires apicoles (TSA), car la FNOSAD est organisme de formation, et on en fait encore maintenant. On aimerait aussi, à l’avenir, développer encore plus de formations ou d’informations à destination de tous les apiculteurs. Car on est convaincu qu’en fait, tous les apiculteurs devraient avoir un socle de connaissances sanitaires pour pouvoir bien mener leur élevage, car l’apiculture, dès qu’on a une ruche, on a un élevage, et avoir les meilleurs bénéfices de leur élevage.

Guillaume : Ouais, oui, je vous rejoins tout à fait.

Guillaume : Et il y avait aussi, je me suis questionné pour être TSA, ça fait depuis 2018 que je pratique l’apiculture. Oui, la logistique est assez compliquée.

Florentine : Oui, si on veut déjà, la formation nécessite quand même de se dégager au moins sept jours, puisque la formation de base, c’est sept jours. Après, c’est vrai que si on veut remplir des missions, que ce soit pour un GDSA ou éventuellement pour l’OMAA, il faut pouvoir avoir un peu de disponibilité. Et ça peut être compliqué quand on est encore dans la vie active. Et ça, ça explique aussi qu’on a une bonne partie des TSA qui sont des retraités, ou des très jeunes retraités. Mais voilà, c’est une histoire de disponibilité.

Guillaume : Et pour vous, en tant qu’apiculteur, donc vous avez un rucher en Haute-Savoie, c’est ça ?

Florentine : Oui, oui, oui.

Guillaume : Et donc, il est de combien de ruches, et quel est un peu votre pratique apicole ?

Florentine : Alors, le nombre de ruches varie un peu en fonction chez tout apiculteur. Moi, l’objectif, c’est pas forcément de faire beaucoup de miel, mais là, actuellement, j’ai repris un rucher qui est dans un centre de retraite spirituelle qui est dans mon village, et où ils avaient historiquement depuis de très nombreuses années un rucher. Le responsable de ce rucher était maintenant âgé et n’avait plus trop le goût de s’en occuper. Donc, j’ai repris ça avec l’aide de mon mari, aussi, parce que sur la partie physique, parce qu’en plus, ce sont de très vieilles ruches, très lourdes. J’ai souvent besoin de… Voilà, c’est plus agréable de faire ça à deux. Et donc, c’est l’idée, c’est de pouvoir produire du miel pour ce centre, qui où on a où… On a donc les ruches ? Nous, on en récupère une partie. Voilà. Donc, on se partage le miel. Mais pour moi, c’est surtout le plaisir de pratiquer, d’aller visiter les ruches, de voir, de surveiller, éventuellement de faire des expérimentations. Alors, pas en termes de recherche, hein, mais simplement, comme tout apiculteur, aussi, l’idée, c’est d’essayer d’appliquer telle ou telle technique ou d’essayer des traitements. Voilà, c’est un peu un terrain de jeu, on va dire, et c’est important aussi pour moi de voir comment les colonies se développent aussi en fonction de la météo, etc. Pour être en phase avec ce qui se passe dans mon département, parce que je ne l’ai pas dit au début, mais j’ai une partie de mon activité, donc c’est la plus grosse partie, c’est que je suis salariée de la FNOSAD, mais j’ai gardé une activité, une très petite activité libérale, et je suis vétérinaire conseil pour mon GDSA, qui est lui-même adhérent à la FNOSAD. Et je travaille quand c’est nécessaire, aussi, je suis mandatée pour faire des missions pour la DDPP. Et voilà. Et puis, je suis éventuellement vétérinaire investigatrice pour l’A, même si je n’ai pas trop contribué. Quand je suis dans la vallée de Chamonix, je suis un peu excentrée, donc pas forcément très proche des cas qui se sont présentés. Et voilà, mais en tout cas, dans le cadre de mes interventions auprès du GDSA 74, c’est important pour moi aussi de voir un peu comment les choses se passent localement. Donc, c’est important pour ça, pour moi, d’avoir des ruches.

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Guillaume : Oui, oui, c’est pas si pratique, et en tant que tel, d’après ce que j’ai compris, dans le livre, il a ses propres ruches, aussi. Enfin, son rucher, avec là, il y a des expérimentations pour certains traitements.

Florentine : Alors, ce n’est pas des ruchers, contrairement à d’autres organisations. Nous, on n’a pas de ruchers propres. En fait, quand on fait des suivis d’efficacité, on s’appuie sur des apiculteurs qui sont volontaires, et nos suivis d’efficacité sont des suivis en condition de terrain, c’est-à-dire que vraiment, ils sont réalisés chez une population très variée d’apiculteurs, répartis dans différents secteurs géographiques, aussi, mais toujours sur la base du volontariat. Donc, on les accompagne pour que les suivis puissent être faits dans de bonnes conditions. On les informe avant qu’ils s’engagent, etc., mais ce sont les apiculteurs qui mettent leur ruche à disposition et qui assurent toute la partie suivi. C’est eux qui font des comptages, les relevés, et ce…

Guillaume : D’accord, c’est clair, et pour vous, la partie sanitaire, ça recouvre… Donc, il y a Varroa, loque américaine, Nosema, aussi, est-ce que ça recouvre aussi ce que j’aurais pu oublier ?

Florentine : Alors, c’est vrai que, au niveau des GDSA, la plupart des GDSA ont leur principale activité qui est la lutte contre Varroa, et ils ont, pour la plus grande partie, aussi un agrément pharmacie qui leur permet de délivrer du médicament de lutte contre Varroa à leurs adhérents, parce que, de toute façon, c’est le seul médicament autorisé en France. Il n’y a pas d’autres maladies pour lesquelles on a des médicaments autorisés. Donc, c’est vrai que, au niveau des GDSA, on parle surtout de lutte contre Varroa. Mais ça n’empêche pas les GDSA, aussi, d’avoir des actions plutôt dans la prévention, la formation des apiculteurs sur tous les sujets. Après, moi, au niveau de la FNOSAD, c’est vrai que je travaille sur tout ce qui est sanitaire, depuis les informations qu’il faut délivrer concernant les nouveaux médicaments qui arrivent sur le marché, par exemple, il s’agit d’informer les organisations sanitaires. Et puis, ben, on traite de un peu de tous les sujets. On avait fait, il y a quelques années, des fiches pratiques sur les maladies, très bien faites.

Guillaume : Je trouve même le fait que le guide soit accessible librement en PDF, je trouve ça merveilleux. Je préfère le bouquin, parce qu’on peut stabiloter dedans, et je trouve ça plus facile de se repérer, mais n’empêche que le fait que ça soit accessible, en fait, non, je trouve ça merveilleux.

Florentine : Ça, ça a toujours été l’objectif de la FNOSAD. En fait, c’est vrai qu’il y a une fédération d’organisations sanitaires, donc on va dire que son premier souci, c’est de d’apporter son soutien et toute l’aide possible à ces organisations, que ce soit dans la gestion de base de l’association, de toute leur mission. Mais l’objectif, aussi, c’est de d’essayer d’atteindre tous les apiculteurs et de leur mettre à disposition des outils faciles à comprendre et dont on peut garantir la fiabilité. Et c’est pour nous, ça, notre… D’une part, parce que, dans certains cas, on a pu bénéficier de d’aides publiques, donc c’était assez logique que ce soit aussi mis à disposition de l’ensemble des apiculteurs et pas uniquement réservé aux adhérents de la FNOSAD. Et d’autre part, voilà, c’est essayer de former le plus d’apiculteurs, avec ce aussi, ce souci pour un peu se démarquer des autres sources d’information qui ne sont pas forcément toujours fiables. C’est-à-dire que, on insiste bien sur le fait qu’un blog d’apiculteur où chacun va échanger ses expériences, ça n’a pas la même valeur, en fait, en termes de message qu’on fait passer, par rapport à des informations qui sont issues d’expériences, enfin, de la recherche, par exemple, d’une synthèse bibliographique où on fait le point sur tout ce que les différents chercheurs ou personnes spécialistes de la pathologie apicole ont pu écrire. Et voilà. Parce que, c’est vrai que, malheureusement, sur Internet, on peut trouver des tas de choses qui ne sont pas toujours fiables ou pas toujours sourcées, c’est-à-dire que quelqu’un va prétendre avoir trouvé une bonne méthode pour lutter contre Varroa ou pour autre chose, et en fait, peut-être que ça fonctionne chez lui, mais que ça ne va pas fonctionner chez tout le monde, et puis, peut-être aussi que il va utiliser des substances qui ne sont pas des médicaments, etc. Donc, notre objectif, c’est de bien remettre les choses bien carrées dans ce domaine-là.

Guillaume : Oui, comme des personnes qui disent des aliments qu’on peut mettre dans la ruche, ou des orties, ou certains ont parlé, j’ai fait un article dessus, sur les aimants et le cuivre, Varroa, ça, ça a l’air beau, ça a l’air très beau sur le papier, mais on dit, mais il n’y a pas de… Je ne vois pas pourquoi Varroa n’aimerait pas le cuivre et le lien avec les aimants, j’ai du mal à savoir. Donc, oui, il n’y a rien qui prouve, non plus. Et pourtant, certains sont à fond dans ce qu’ils appellent l’électroculture.

Florentine : Il y a toutes sortes de théories qu’on voit fleurir sur Internet. Alors, peut-être que certaines ont un intérêt, mais pour nous, tant qu’elles n’ont pas été éprouvées scientifiquement, c’est-à-dire qu’il n’y a pas une étude objective qui montre leur efficacité, et aussi, dans certains cas, il ne faut pas oublier l’innocuité pour les abeilles, l’innocuité pour l’apiculteur, et enfin, l’innocuité pour le consommateur. Et ce sont des éléments qui, quelquefois, sont un peu laissés de côté, et certains sont prêts à mettre un peu n’importe quoi dans leur ruche. Et ben, moi, je préfère que, voilà, on mette pas des choses qui seraient potentiellement dangereuses pour les abeilles ou pour le consommateur. Et en même temps, c’est pas parce que nous, on incite à utiliser des médicaments qui sont autorisés, qu’on n’aimerait pas aussi ne rien mettre dans les ruches, ou en tout cas, rien de synthétique. Je pense que tout apiculteur préférerait de loin ne pas avoir à traiter Varroa et pouvoir se dire qu’il fait un miel exempt de tout résidu de toute substance exogène à la ruche. Mais malheureusement, la réalité nous montre qu’on est obligé de lutter contre Varroa. Et ceux qui n’utilisent pas de médicaments doivent utiliser des méthodes qui sont contraignantes pour arriver à un bon résultat. C’est pas impossible, hein ? Il y en a quelques-uns qui arrivent à lutter… Je ne parle même pas des abeilles de la sélection d’abeilles résistantes, mais simplement, par des méthodes biotechniques, par de la sélection, aussi, chez eux. Donc, il y a quelques cas d’apiculteurs qui maîtrisent la lutte contre Varroa sans aucun intrant chimique. Mais ils sont vraiment extrêmement peu nombreux, et il faut voir les méthodes qu’ils emploient, aussi, et peut-être que certains, aussi, vivent dans un environnement qui n’est pas trop surchargé en ruche ou en apiculteur. Voilà, c’est aussi ça, c’est que plus on a de ruche dans son environnement et d’apiculteur, plus on a le risque d’avoir des infestations entre les différents ruchers. Donc, on, et à ce moment-là, les choses qu’on a mises en place peuvent être anéanties par le voisinage.

Guillaume : Oui, oui, alors que, oui, c’est vrai que, s’ils sont dans des déserts apicoles, ils font un travail de sélection, et bah, oui, là, ça peut, ça peut fonctionner, comme vous dites, mais à partir du moment où il y a d’autres ruches qui ont, ou des personnes qui sont moins rigoureuses, ouais, ça va polluer. Après, la ruche, d’accord, et en fait, ce que j’ai beaucoup aimé dans le guide de la FNOSAD, c’est que, il n’y a pas de parti pris. Parce que, là, il y a un paysage, comment, enfin, il y a, à ce jour, d’après « La Santé de l’Abeille » de janvier, il y a 14 traitements avec une autorisation de mise sur le marché contre Varroa, et le guide parle aussi des moyens biotechniques, vous en parliez, aussi, par rapport au retrait du couvain, mal engagé, la thermothérapie, le fait d’augmenter la température de la ruche, aussi. Bref, il y a, si j’aime bien, parce que les guides n’en parlent pas de manière très, pas, il faut faire ça, un point, c’est tout. C’est vraiment, ben, voilà, Varroa, la varroose, voilà un aperçu des traitements chimiques qui existent, des traitements biotechniques, et aussi, voilà, l’état des lieux des recherches à ce jour.

Guillaume : J’ai beaucoup aimé le fait qu’il n’y ait pas de parti pris, et en parlant de la lutte chimique, ou même biotechnique, enfin, surtout chimique, est-ce que les laboratoires sont souvent en relation avec la FNOSAD, en disant, bah, voilà, on va développer un nouveau traitement contre Varroa, avec tel et tel principe actif, est-ce que vous pourriez nous donner un peu votre recul, faire des expérimentations de votre côté, est-ce qu’il y a cette interrelation entre des laboratoires et la FNOSAD ?

Florentine : Alors, ça, c’est arrivé. Je veux dire, il y a, par le passé, moi, je travaille, donc, pour la FNOSAD depuis 10 ans, j’ai pas eu l’occasion de participer à ça, mais ça a été fait par le passé, quand il y avait… Il y a notamment, comment il s’appelle ? C’est l’Institut agronomique de Montpellier, le nom m’échappe, maintenant…

Guillaume : C’est l’INRAE.

Florentine : Non, c’était pas l’INRAE, à l’époque. Non, non, non, non, c’était, c’était avant, c’est, c’est ça, ça a changé de nom, maintenant, et c’est, en fait, ils travaillaient sur la recherche de nouvelles molécules, et il y a eu des cas où ils ont sollicité la FNOSAD pour participer à des essais, parce que, bien souvent, en fait, il y a des recherches qui sont très intéressantes en laboratoire, et la mise en application au sein des colonies, c’est souvent là, malheureusement, que la recherche achoppe, c’est-à-dire que, on n’arrive pas à passer le pas entre une substance active qui tue les Varroas, et un médicament à appliquer dans les ruches, parce que la colonie, c’est un univers très complexe, et que, voilà, il faut trouver le support, les modalités d’application, etc. Donc, la FNOSAD a déjà participé à des essais dans ce sens, et par ailleurs, on contribue aussi, on a effectué des essais cliniques pour des médicaments qui n’avaient pas encore d’AMM en France. Donc, ça a été le cas pour Bayvarol, entre 2012 et 2014. À l’époque, Bayvarol n’avait pas d’AMM, il avait un AMM en Allemagne, mais pas en France, et en fait, on avait lancé cet essai clinique, aussi, parce qu’on cherchait un médicament de contrôle pour nos suivis d’efficacité, qui soit spécifique aux abeilles. Et donc, ça avait été lancé, aussi, dans cet objectif, et puis, pour voir, éventuellement, ce qui, si ça peut être intéressant de le rajouter à la pharmacopée française. Les résultats qu’on avait obtenus n’étaient pas très, très intéressants, pour autant, Bayer, à l’époque, puisque c’était Bayer qui détenait l’AMM, Bayer avait quand même demandé l’AMM en France, quelques années plus tard, et plus récemment, on a fait d’autres essais cliniques, notamment avec un médicament espagnol qui s’appelle AMITRAZ varroa, à base d’amitraze, bon, finalement, ça, ça n’a pas débouché. Alors, en fait, pour les essais cliniques, nous, on est comment dire, partenaire du laboratoire, mais c’est le laboratoire, après, qui décide, c’est lui qui doit faire la demande auprès de l’Agence nationale du médicament vétérinaire, pour avoir une autorisation de faire cet essai clinique, et ensuite, c’est le laboratoire qui décide s’il utilise ou pas les données qui ont été recueillies, pour une demande d’AMM. Donc, par exemple, dans le cas AMITRAZ varroa, le laboratoire n’a pas demandé d’AMM en France, après, et beaucoup plus récemment, en fait, on a travaillé avec le laboratoire Andermatt BioVet, en Suisse, donc, qui commercialisait le médicament Varroxal, qui est un médicament à base uniquement d’acide oxalique. Donc, ça fait, en fait, nous, depuis 2017, qu’on est en relation avec eux, et donc, on, on leur avait témoigné du fait que, en France, il y avait que l’Apibioxal, qui était disponible pour la sublimation, et que beaucoup d’apiculteurs se plaignaient de la caramélisation, et donc, on pensait que c’était très intéressant d’avoir un médicament qui ne contienne que de l’acide oxalique, donc, voilà, ce dialogue a débouché sur le fait que Andermatt BioVet a demandé une AMM en France, qui a été obtenue, donc, en septembre 2023.

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Guillaume : OK, c’était septembre, d’accord, parce que, j’ai vu la nouvelle dans « La Santé de l’Abeille », en plus, c’est un médicament qui peut être, tu sais, avec trois modes de, enfin, et oui, sublimation.

Florentine : Sublimation, oui, oui, c’était aussi ce sur quoi on avait insisté, on n’avait aucun médicament utilisable en pulvérisation, oui, et donc, on leur avait signalé que ce serait important qu’ils puissent avoir l’AMM, aussi, pour ce mode d’application, qui n’est pas vraiment le plus pratiqué, en termes d’application de l’acide oxalique, mais, voilà, c’est quand même une possibilité supplémentaire pour certains apiculteurs qui ont envie de l’appliquer comme ça, donc, on s’est réjoui de l’arrivée de cet en France, par contre, je ne peux pas vous cacher qu’on n’est pas réjoui du prix.

Guillaume : C’est impressionnant, ouais, j’ai vu le prix, j’ai fait, cinquante euros, la petite dosette, aussi, de deux grammes.

Florentine : Alors, ça, ils ne le commercialisent pas encore en France, mais c’était prévu, nous, en tout cas, on avait fait des essais cliniques, justement, avec ces dosettes de deux grammes, qui étaient vraiment très adaptées à la sublimation, parce que ça permettait d’avoir exactement la bonne quantité pour les ruches, et voilà, donc, c’est pas tout positif.

Guillaume : Après, si il y avait un médicament, un médicament, entre guillemets, qui existait, « Stop Varroa ».

Florentine : Alors, ça, c’est pas un médicament, pour le coup, en France, c’est pas, on ne peut pas considérer que c’est un médicament, puisqu’il n’y a pas d’AMM, oui.

Guillaume : De toute façon, c’était de la fumisterie, je veux dire, bah, de toute façon, c’est même pas un médicament, il n’y a pas d’autorisation de mise sur le marché, les avis sont complètement faussés sur le site internet, en plus, derrière, c’est, derrière leur site, en fait, c’est une société qui vend plein d’autres choses, comme de l’encre de tatouage et autre chose, qui vient de, je ne sais où.

Guillaume : Et en plus, j’étais allé chercher aux États-Unis, l’agrément qu’ils avaient obtenu, et en fait, c’était juste un argument pour dire que l’acide, qui était efficace contre Varroa, c’est tout, enfin, sur le site officiel du département de santé des États-Unis, des mecs, il y avait cinq pages qui étaient disponibles, et sauf que, sur leur site, ils ont partagé simplement les deux premières pages, heureusement, maintenant, c’est interdit de vente en France, mais ils m’ont contacté à un moment, pour me dire, si ça vous dit, on a un médicament excellent contre Varroa, si vous en faites la promotion sur votre site, vous avez vingt pour cent de commission, waouh, c’est fort, quand même, ils ont oublié, je…

Florentine : Oui, mais, je pense que le problème, c’est que tout le monde n’a pas forcément un esprit critique, par rapport à ce qui est publié sur Internet, et qui est aussi diffusé entre apiculteurs, et c’est malheureusement, certains se font avoir, et pensent, il faut, il faut garder en tête qu’il n’y a pas de solution miracle contre Varroa, donc, tout ce qui va être vendu comme étant un médicament, ou une substance, permettant de se débarrasser complètement de Varroa, à moindre frais, pour le moment, ça n’existe pas, malheureusement, mais, voilà, en tout cas, il faut être vigilant, par rapport à ce genre de communication, très tapageuse.

Guillaume : Oui, oui, mais, n’empêche que, si un apiculteur, qui commence l’apiculture, et il vous pose deux questions, la première, ça serait, quelles sont les meilleures mesures préventives, pour éviter que j’ai du Varroa, en prévention ?

Florentine : Alors, en prévention, je dirais d’essayer de mettre en place, dès le départ, des choses simples, peut-être, comme, faire des divisions, au printemps, ça permet, aussi, de lutter contre l’essaimage, et on sait que ça fait baisser la pression des Varroas, dans les colonies, alors, je, je parle, je suis plus, au fait, pour, en ce qui concerne mon département, c’est vrai que nous, on préconise de traiter très tôt, parce qu’on sait que l’infestation Varroa, elle augmente de manière exponentielle, vraiment, à partir, chez nous, c’est surtout à partir de juin, juin, juillet, et donc, on demande aux apiculteurs, maintenant, de traiter à partir de entre le 15 juillet, et si possible, le 31 juillet, alors que, quand j’ai commencé l’apiculture, ce qui n’est pas si vieux que ça, la majorité des apiculteurs traitaient plutôt entre le 15 et le 31 août, donc, maintenant, et, alors, ça s’applique pas, tout à fait partout, parce qu’il y a des endroits où il y a des miellées tardives, ça dépend, aussi, de la ressource, etc., mais, d’une manière générale, on va dire que plus on traite tôt, plus on a de chance de sauver des colonies, dans la mesure où on va intervenir avant que la population de Varroa soit démesurée, et donc, l’idée, finalement, dans la lutte contre Varroa, c’est d’essayer de faire en sorte que la population de Varroa ne soit jamais trop élevée, pour ne pas causer de dommages à la colonie, et que, on puisse, aussi, avoir un effet des médicaments, parce qu’on sait que les médicaments ont un effet limité, même les meilleurs, même quand on a 95 % d’efficacité, si on part avec 4 000, 6 000, 8 000 Varroas, si un médicament, qui a 95 % d’efficacité, va, de toute façon, en laisser trop peu, donc, le mieux, c’est d’arriver à avoir des colonies qui n’ont jamais trop, trop de Varroas, donc, il faut essayer de combiner les méthodes biotechniques, en commençant par les méthodes assez simples, éventuellement, en essayant sur une ou deux colonies, si on a un rucher un peu important, on n’est pas obligé de faire tout de suite tout l’ensemble du rucher, et après, de traiter précocement, et, alors, c’est vrai qu’en termes de médicaments, maintenant, c’est vraiment difficile de dire quels médicaments employer, parce que, pour moi, je vois, pour des apiculteurs débutants, c’est quelquefois compliqué de leur parler de médicaments, ou de traitements, qui demandent une certaine technicité, comme un engagement de reine, par exemple, suivi d’un traitement à l’acide oxalique, ou même des traitements, comme l’acide formique, ou des traitements à base de thymol, qui nécessitent de surveiller la température, etc., donc, c’est vrai que, moi, je conseille souvent de commencer par les médicaments à base de lanières, mais ça me pose problème, parce qu’on le voit bien, dans nos suivis d’efficacité, et en écoutant les témoignages des uns et des autres, que, ces médicaments-là, malheureusement, les dernières années, on a vraiment des, dans certains cas, des résultats très insatisfaisants, on va dire, donc, c’est difficile, mais, si la population de Varroa n’est pas trop élevée, on arrive quand même, avec ces médicaments-là, à s’en sortir, à condition, aussi, de prévoir de faire un traitement hivernal, parce qu’on sait que, de toute façon, ça va être nécessaire, donc, voilà, en termes d’apiculteur débutant, je dirais, ben, c’est peut-être, commencer par les lanières, mais, après, si on y prend, si on a envie d’aller un peu plus loin, s’orienter vers des, d’autres méthodes, et, je conseillerais plutôt l’engagement de reines, avec le traitement à base acide oxalique.

Guillaume : Engagement reines, pendant combien de temps, vingt-cinq jours ?

Florentine : Vingt et un jours, c’est le minimum, vingt-cinq jours, on a quand même plus de sécurité, de plus, avoir du tout de couvain, après, certains préfèrent faire un peu moins long, et puis, sortir des cadres, et griffer le couvain restant, c’est aussi une option, il y en a d’autres qui ne font pas d’engagement, et qui griffent le couvain, c’est aussi une possibilité, mais, c’est vrai que, c’est un geste qui n’est pas forcément agréable à faire, et qui peut être pas facile à accepter, donc, alors que l’engagement, ben, même si la reine, elle est un petit peu contrainte, pendant quelques semaines, c’est pas, on n’a pas l’impression d’avoir fait un acte barbare.

Guillaume : Est-ce que la cagette Scalvini, une bonne cagette, alors, ça ?

Florentine : Oui, oui, ça semble convenir à beaucoup d’apiculteurs, il y en a même qui utilisent des cagettes encore plus petites, qui sont des cagettes chinoises, qu’on utilise pour l’introduction des reines.

Guillaume : Non, c’est pour l’introduction des reines, non, c’est…

Florentine : C’est un autre modèle, cette d’introduction, enfin, en général, jaune, hein, et les cagettes chinoises, c’est vraiment des cagettes spécifiques pour l’engagement, elles sont pas chères du tout, mais, c’est un peu du matériel jetable, donc, moi, je suis pas très favorable à ça, je trouve que c’est mieux d’avoir du matériel qui soit réutilisable, que du matériel jetable, parce qu’ils sont assez fragiles, mais, voilà, certains, notamment des professionnels, préfèrent acheter ce genre de cage, et après, il y a une partie, aussi, de d’apiculteurs qui préfèrent encager les reines d’une manière qui soit, on va dire, peut-être un peu plus physiologique, en sur, dans des espaces, ou des volumes plus importants, donc, soit ils fabriquent eux-mêmes des cages qui sont beaucoup plus grandes que la Scalvini, soit ils utilisent des ce qu’on appelle des cages-cadres, qui permettent à la reine, finalement, de circuler, et de pondre beaucoup plus, et puis, après, ils gèrent d’éventuels couvains qui peut se trouver là-dedans, d’une autre manière, oui, et donc, voilà, il y a, il y a toute là, aussi, je pense que, maintenant, c’est un peu pareil, pour les, les traitements contre Varroa, on a plusieurs solutions, on en a aucune qui soit parfaite, au sens où elle va être facile, efficace, rapide, etc., donc, il faut que chaque apiculteur, finalement, trouve la méthode qui lui convient, qui convient à son élevage, et s’il décide de faire de l’engagement de reines, il faut peut-être tester plusieurs types de cages, jusqu’à trouver celle qui lui convient.

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Guillaume : Oui, oui.

Guillaume : Et, est-ce que, au moment du traitement du dégouttement, on est bien d’accord que la reine, on la met plutôt de côté, pour éviter la, reine, parce que, c’est quand même de l’acide.

Florentine : Oui, c’est préférable, alors, a priori, les premières études qui avaient été faites montraient que la reine, finalement, supportait relativement bien le traitement de l’acide oxalique, sans qu’on ait forcément d’explication, mais, on préfère, évidemment, éviter de lui pigoter ça, donc, là, aussi, il y a plusieurs possibilités, soit on sort la cage dans laquelle elle est enfermée, on fait le dégouttement, et on la libère après, soit on peut estimer, suivant comment est placée la cage, et cetera, que, finalement, même si on dégoutte dans l’inter-cadre, elle ne va pas recevoir, dans le cadre de la cage, Calvin, finalement, le dessus de la cage est plein, donc, si on fait un dégouttement, ou, on peut aussi dégoutter en évitant un petit peu le là où est la reine, parce que le petit inconvénient, en fait, à sortir le cadre avec la reine, si on est sur une reine engagée dans une Scalvini, c’est que, on dérape un petit peu, même si elle n’est pas complètement grappée, on était d’accord, mais, voilà, on fait un petit peu d’agitation, alors que, si on fait le traitement sans toucher les cadres, on a peut-être un peu plus de chance de toucher toutes les abeilles.

Guillaume : D’accord.

Florentine : Donc, ça, aussi, après, chaque apiculteur, on va trouver la pratique, mais, en gardant en tête, en effet, que, il vaut mieux éviter de d’appliquer trop d’acide oxalique sur une reine.

Guillaume : Ouais, et, une fois qu’on a traité la reine, mettons qu’on l’a laissée dans sa cagette, ou qu’on l’a mise de côté, au bout de combien de temps, on ouvre la cagette, ou on la réintègre dans la ruche ?

Florentine : En principe, ça se fait simultanément, c’est-à-dire que, on devrait, après, là, aussi, il y a des apiculteurs, différentes techniques existent, certains ouvrent simplement le petit trou, et laisse la reine se libérer seule, d’autres ouvrent complètement la cage, ça, c’est pareil, c’est à tester dans son rucher, voir comment la reine est acceptée, une fois qu’elle est libérée, et, certains préfèrent, surtout, ne rien toucher, ils ouvrent juste la porte, et ils laissent, moi, j’avais retenu une expérience italienne, qui remonte à pas mal d’années, qui avait été exposée au congrès d’Aix-les-Bains, en 2013, et, ils avaient noté, en fait, s’ils ouvraient complètement la cage, et qu’ils laissaient, donc, la reine sortir comme ça, ils avaient, finalement, moins de rejet, que quand ils laissaient juste le petit bouchon ouvert, et en laissant la reine sortir toute seule, donc, après, ça, ça peut aussi dépendre de la race d’abeilles, il y a peut-être des abeilles, déjà, qui supportent plus ou moins bien l’engagement, et, puis, aussi, de l’âge de la reine, dans certains cas, en fait, ben, le fait qu’elle était enfermée, fera qu’elle sera peut-être moins bien acceptée, après, il y a beaucoup de facteurs qui jouent.

Guillaume : Ouais, ouais, effectivement.

Guillaume : Et, en termes de d’avenir, pour la lutte contre Varroa, comment est-ce que vous le voyez, notamment, en termes de, les prochaines recherches, enfin, les avancées ?

Florentine : Je pense qu’il faut, c’est un peu comme pour tout, hein, malgré tout ce qu’on voit, il faut essayer d’être optimiste, et se dire que, on peut être, trouver prochainement une nouvelle molécule, parce qu’en fait, tout ce qu’on nous propose maintenant, toutes les AMM qu’on a, c’est toujours à partir des mêmes molécules, et, là, a priori, on devrait avoir, aussi, dans l’année, un nouveau médicament à base de lanière, imbibée de glycérine, et permettant, en fait, un traitement à base d’acide oxalique, en longue durée, c’est d’ailleurs des choses qui ont été reproduites par des apiculteurs, de manière artisanale, et tout à fait hors réglementation, et, donc, c’est un médicament, notamment, qui existe en Amérique latine, donc, ça, il semblerait qu’il y ait un laboratoire qui va, serait sur le point d’obtenir une AMM en France, mais, on est toujours sur de l’acide oxalique, voilà, c’est, c’est ça, le souci, c’est que, les dernières années, on a, peut-être, des formulations qui sont différentes, des présentations qui sont différentes, mais, le nombre de molécules actives n’a pas augmenté, ça, c’est, c’est le côté inquiétant, le côté où on dit, on va rester optimiste, c’est qu’on sait qu’il y a des laboratoires qui continuent à chercher, il y a, aussi, des fois, des découvertes fortuites, vous avez certainement entendu parler du lithium, en fait, c’est des des chercheurs qui faisaient une expérience sur tout à fait autre chose, et qui se sont rendus compte que, ils avaient une solution à base de chlorure de lithium, ils se sont rendus compte que ça avait un effet sur les Varroas, du coup, ils ont publié ça, et, puis, il y a d’autres équipes qui ont fait des recherches, donc, c’est une piste, mais, pour le moment, ils avaient noté qu’en fait, ça avait une toxicité sur le couvain, donc, c’était pas forcément applicable très facilement dans les colonies, donc, bon, on n’est pas du tout sur le point, enfin, en tout cas, il n’y a pas d’annonce de médicaments à base de lithium, mais, voilà, c’est pour vous dire que, quelques fois, c’est des découvertes fortuites qui vont conduire à, à l’apparition d’une nouvelle solution, pour la lutte, et, il y a, notamment, aussi, le laboratoire Veto-Pharma, qui a communiqué, qui a fait un webinaire cette année, pour parler de l’état d’avancement de ces recherches, donc, eux, apparemment, ils ont des projets qui évoluent depuis de nombreuses années, ils ont testé, aussi, beaucoup de choses, d’ailleurs, Clémence Riva, dont on a parlé tout à l’heure, avait fait sa thèse en partenariat avec eux, si je ne me trompe pas, et, pour chercher, justement, avec une méthode très innovante, pour essayer de chercher des candidats potentiels à la lutte contre Varroa, donc, voilà, eux, ils sont, très impliqués là-dedans, forcément, puisqu’ils sont entièrement dédiés à la production de médicaments pour lutter contre Varroa, pour les abeilles, et, je pense qu’il doit, c’est sûr, qu’ils sont forcément inquiets, aussi, de voir que, à certains endroits, le médicament à, n’a plus d’efficacité escomptée, donc, c’est, ils ont, aussi, un intérêt à trouver des solutions, mais, pour le moment, on ne peut pas dire qu’on ait de perspective rapide d’avoir quelque chose de nouveau.

Guillaume : D’accord, et, en termes de pays, est-ce qu’il y a certains pays, vous me parlez souvent de l’Italie, est-ce que, ils sont un peu des références, sur Varroa ?

Florentine : À ma connaissance, il n’y a pas de pays qui soit plus en pointe que d’autres, on trouve des laboratoires, producteurs de médicaments, un peu dans chaque pays, en Italie, il y a CHEMICALS LAIF, qui produit l’Api Bioxal, et l’ApiLife Var, je ne crois pas qu’ils aient, enfin, bon, après, ça peut être une grosse surprise, hein, mais, j’imagine qu’ils doivent chercher, aussi, d’autres solutions, ce qui nous a été annoncé, c’est qu’ils allaient, aussi, avoir une AMM pour un Api Bioxal, prêt à l’emploi, un petit peu comme l’Oxybee, donc, ça, a priori, c’est en bonne voie, mais, c’est pas du nouveau, non plus, c’est, on est toujours sur l’acide oxalique, après, ben, voilà, il y a des laboratoires, en Suisse, qui ont travaillé, plutôt, sur l’acide oxalique, on a le laboratoire NOD, au Canada, qui a travaillé sur l’acide formique, et qui produit le MAQS, et qui produit le Formic Pro, mais, je vois pas, là, en tout cas, ça veut pas dire qu’il n’y en a pas, hein, mais, moi, je ne vois pas de pays qui soit, en pointe, sur ce sujet-là.

Guillaume : D’accord.

Guillaume : En tout cas, ce que je retiens, c’est que, et, bien, les lanières, qui étaient le médicament de référence, le sont moins, que les périodes d’application des traitements, après, ça dépend des régions, mais, ils doivent être avancés, plutôt, le faire, éviter de traiter trop tard, en saison, il y a des choses assez accessibles, comme les divisions d’essaims, pour baisser la population de Varroa.

Florentine : Oui.

Guillaume : M, et, le mieux, où, c’est à ce jour, c’est l’engagement, ça demande, ça suppose deux visites, une visite, le jour zéro, et une autre visite, soit entre le vingt et unième, et le vingt-cinquième jour.

Florentine : Oui.

Guillaume : Oui, OK, j’avais une dernière question, est-ce que, on peut faire l’engagement, pendant, enfin, quand il y a la hausse, et, oui, et, après, on a la hausse, et, après, on, comme on peut traiter, avec le dégouttement, à ce moment-là ?

Florentine : Oui, oui, en fait, on, on le recommande, bah, je, là, aussi, je vais parler, plutôt, de ce qui se passe dans mon département, dans la mesure où, nous, quand il y a la période de l’hivernage, risque d’arriver assez rapidement, il se trouve qu’on a de plus en plus souvent des automnes assez doux, mais, on n’est pas à l’abri de, d’une gelée très précoce, et, d’un froid, voire, de la neige, donc, en fait, nous, il faut que l’engagement se soit fait au plus tard, on va dire, le quinze juillet, ou, enfin, en tout cas, pas dépassé le vingt juillet, et, dans certains cas, les apiculteurs ont encore des hausses à ce moment-là, nous, on les encourage, finalement, aussi, à récolter de plus en plus tôt, parce qu’on se rend compte que les étés, souvent, sont secs, et, que les miellées sont terminées, au quinze juillet, voilà, mais, dans, pour favoriser, en fait, enfin, pour avoir tout dans les meilleures conditions possibles, l’idée, c’est d’engager, on va dire, même entre le dix, et le quinze juillet, et, dans ce cas-là, ben, souvent, les hausses sont encore en place, et, ça, ça peut avoir, aussi, des avantages, c’est-à-dire que, les, il y a une meilleure répartition des abeilles, et, pour chercher la reine, on se retrouve, finalement, à la chercher dans le corps, où il y a moins d’abeilles, puisqu’une grande partie est, aussi, dans les hausses.

Guillaume : OK, très bien.

Guillaume : Merci beaucoup, Florentine.

Florentine : Mais, avec plaisir.


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